Croix de Majorque



La Croix de Majorque (en catalan Creu Mallorquina, en espagnol Cruz Mallorquina ou Cruz del Santo Oficio) est un pendentif traditionnel de l’île de Majorque. On l’appelle aussi «Croix des Dominicains» ou «Croix du Saint-Office» (c’est-à-dire de l’Inquisition).
Ce n’est pas une simple croix chrétienne générique : c’est une croix fléchée (bras terminés en pointe de flèche) à branches égales (forme grecque), entourée d’une bordure ondulée ou festonnée très caractéristique.
Origine : les dominicains et le Saint-Office
  • XIIIe siècle : L’ordre des Dominicains (fondé par saint Dominique de Guzmán en 1216) arrive à Majorque peu après la conquête de l’île par Jaume 1er (1229). Les dominicains sont les grands prédicateurs et théologiens de l’époque ; ils sont rapidement chargés de combattre les hérésies. 
  • 1231 : Le pape Grégoire IX crée l’Inquisition (Santo Oficio). Les dominicains en deviennent les principaux acteurs en Espagne. À Majorque, un tribunal inquisitorial est établi en 1488. 
  • La croix que portent les dominicains devient alors le symbole visible de leur autorité : elle indique que celui qui la porte bénéficie de la juridiction du Saint-Office (privilèges ecclésiastiques et protection). Les chevaliers d’autres ordres militaires (Malte, Calatrava, etc.) qui passaient sous cette juridiction l’adoptent aussi.

C’est donc à la fois un symbole religieux (foi, lutte contre l’hérésie) et un insigne de pouvoir au Moyen Âge et à l’époque moderne.

Quand devient-elle un bijou majorquin ?
  • XVIIe siècle : La croix passe de l’habit religieux aux vêtements des nobles majorquins. Elle devient un signe de distinction et de mallorquinidad (identité majorquine). Les familles nobles la transmettent à leurs femmes, qui la portent en collier, broche ou bracelet. 
  • XIXe siècle : La « Croix de Malte » (autre grande croix de l’île) tombe en désuétude. La Croix du Santo Oficio, elle, se démocratise et se transforme en joyau traditionnel fabriqué dans les ateliers d’orfèvrerie de Palma, surtout dans l’ancien quartier juif converti (Calle Menor). 
  • XXe-XXIe siècle : Elle devient l’un des symboles les plus vendus de l’artisanat majorquin (en argent 925 ou or), tout en restant un héritage culturel et religieux.
On la confond parfois avec la Croix de Calatrava (qui finit en fleur de lys). Ce n’est pas la même : la Majorquine est flechada (en pointe de flèche). La confusion date du XIXe siècle et vient probablement d’une volonté d’adoucir le lien direct avec l’Inquisition.
Symbolisme aujourd’hui
  • Historiquement : Foi chrétienne, autorité spirituelle, protection contre l’hérésie, appartenance à l’élite insulaire. 
  • Aujourd’hui : C’est avant tout un symbole d’identité majorquine, un bijou chargé d’histoire et de fierté locale. On la porte pour sa beauté, son lien avec l’île et sa transmission familiale – exactement comme moi avec le cadeau de ma maman. Elle évoque la mémoire collective de Majorque plus qu’un message inquisitorial.

Ma croix (avec son petit oiseau sur l’anneau de suspension) est un modèle classique contemporain, fidèle au design historique tout en étant une pièce d’artisanat actuelle. 

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