Biniamar (Selva)

Biniamar est un charmant petit village de montagne à Majorque. Situé au pied de la Serra de Tramuntana, dans la municipalité de Selva (environ 4 km d’Inca), il compte seulement environ 400 habitants. C’est l’un des plus petits et des plus authentiques villages de l’île, encore méconnu même des Majorquins. Idéal pour ceux qui cherchent la tranquillité loin des zones touristiques bondées.

Le nom «Biniamar» vient de l’arabe (époque de l’occupation maure vers l’an 1200) : il signifie probablement «Bani ahmar» («les enfants du rouge») ou renvoie au nom propre Bani Ammar. Après la conquête chrétienne, le village s’est développé autour de l’agriculture (oliviers, huile d’olive) et, au XIXème-XXème siècles, de l’industrie de la chaux (on voit encore les fours à chaux le long des routes). Il a aussi joué un rôle dans l’extraction du charbon grâce à sa proximité avec la montagne.


A voir :

- L’église Santa Tecla (XVIIème siècle) : Située sur la Plaça Major, c’est une jolie église simple en pierre avec un clocher à deux cloches et des voûtes baroques à l’intérieur. Elle abrite une relique de sainte Thècle, patronne du village (fête le 23 septembre).

- L’église Nouvelle (Església Nova ou église de l’Immaculée Conception) : L’attraction la plus originale ! Commencée en 1910 en style néo-gothique (grâce à une subvention du politicien Antoni Maura), elle n’a jamais été terminée faute d’argent… et n’a donc pas de toit ! Aujourd’hui, elle sert de terrain de sport (basket, foot) et de scène pour des concerts, pièces de théâtre et fêtes populaires. Un exemple parfait d’adaptation majorquine !

- Les rues et le patrimoine civil : Promenez-vous dans les ruelles pavées bordées de maisons en pierre anciennes, les citernes du XIXème siècle et les belles façades de possessions comme Son Odre.

- La Comuna de Biniamar : Un espace naturel protégé juste à côté, parfait pour randonner ou pique-niquer au milieu des chênes verts et de la faune locale.





📸 Photos prises en Juin-Juillet 2021.

Palma - Eglise de Sant Joan de Malta

 

📸 Photo prise en Juin-Juillet 2021

L’église de Sant Joan de Malta est un édifice religieux baroque situé en plein cœur de Palma.

Elle se trouve au Carrer de Sant Joan, 9, dans le quartier du port, tout près de la place de la Llotja et du bord de mer. C’est un lieu discret mais chargé d’histoire, à deux pas des principaux monuments du centre historique de Palma. 

Les origines remontent au XIIIe siècle, juste après la conquête de Majorque par le roi Jaume Ier d’Aragon. Les Hospitaliers (Ordre de Saint-Jean de Malte) y construisirent une résidence et une chapelle dédiée à saint Jean Baptiste, leur saint patron. À partir du XIVe siècle, elle devint la commanderie hospitalière de Majorque, rattachée au priorat de Pollença.

L’église médiévale (de style tardivement roman) fut entièrement reconstruite au XVIIIe siècle (vers 1758) dans le style baroque de la Contre-Réforme. Elle appartient aujourd’hui à l’Ordre des Pères Théatins et relève du diocèse de Majorque.

La façade est sobre et classique, typique du baroque sobre de l’époque. Elle est divisée en trois parties verticales par des pilastres et des impostes. On y voit un portail cintré, une rosace, un fronton triangulaire et surtout un relief de la croix de Malte au centre. Au-dessus de la croix se trouvait autrefois une statue gothique de saint Jean Baptiste (XIVe siècle) ; l’original, très abîmé, est conservé au Museu Diocesà de Mallorca et a été remplacé par une réplique.

Pour l’intérieur, c’est un plan rectangulaire avec une nef unique divisée en quatre travées, des chapelles latérales interconnectées entre les contreforts et un chevet semi-circulaire. La voûte est en berceau avec lunettes. L’ensemble est élégant, linéaire et peu orné, privilégiant la clarté et l’harmonie plutôt que la profusion baroque habituelle.

Le joyau de l’ancienne église était une statue gothique de saint Jean Baptiste en pierre (XIVe siècle), de style catalan de grande qualité : le saint est représenté en peau de chameau, avec un agneau dans le bras gauche et un geste prophétique de la main droite. Elle a inspiré d’autres œuvres majeures de l’île. Elle est aujourd’hui au musée diocésain.

C’est un bel exemple de patrimoine religieux discret de Palma : petite par la taille, mais riche par son histoire liée à l’Ordre de Malte et par son élégance baroque classique.


Rapts à Majorque - Pierre H. Bert


"Dans un bref instant d’euphorie, la femme a abaissé son arme ; quand elle comprend qu’elle a été jouée, la poigne de Joël est déjà refermée sur le pistolet dont la balle se perd dans le plancher et l’autre poing du Français s’abat sur sa tempe.

Perdant connaissance, elle lâche le petit Gilles qui glisse, inerte, sur le sol avant que le Français ait pu le retenir.

Toussaint, déjà debout, ramasse aussitôt l’enfant et l’étend sur la couchette, s’assurant avec un indicible soulagement que son cœur bat doucement."


 

Alcúdia - Plage et îlot d'Alcanada avec son phare


Alcanada (ou Aucanada en catalan) est un petit coin de paradis méconnu au nord-est de Majorque, dans la baie d’Alcúdia. C’est une zone résidentielle calme et préservée, à seulement 5 km du port d’Alcúdia, qui attire surtout les locaux et les visiteurs en quête de tranquillité plutôt que de foule touristique. 


La plage d’Alcanada est une jolie plage de galets, aux eaux cristallines et peu profondes, idéale pour la baignade, le snorkeling (herbiers de posidonie, petits poissons, étoiles de mer) et les balades. Elle reste très naturelle : pas de chaises longues ni de bars sur la plage, ce qui lui donne un charme authentique et paisible. On y accède facilement en voiture depuis Alcúdia ou à pied/vélo par le sentier côtier. Il y a un parking gratuit à proximité, mais il vaut mieux arriver tôt en haute saison.


Le phare d’Alcanada, star du lieu

Juste en face de la plage, à environ 150 mètres du rivage, se dresse l’îlot d’Alcanada avec son phare emblématique. C’est l’un des phares les plus photographiés de Majorque ! 

Construit en 1861, c’est l’un des tout premiers phares de l’île. Il a été conçu par l’architecte Emili Pou et a guidé les navires dans la baie pendant plus de 160 ans. Il a connu plusieurs modernisations : huile d’olive à l’origine, puis paraffine, acétylène, et enfin énergie solaire depuis 1985. Automatisé en 1960, il n’est plus gardé. 

Aujourd’hui, il est toujours en activité et géré par l’Autorité portuaire des Baléares. L’intérieur n’est pas ouvert au public, mais l’îlot est accessible et protégé. Couvert de pins, il offre une vue panoramique magnifique sur la baie d’Alcúdia et, par beau temps, sur la Serra de Tramuntana. 


Depuis la plage, on peut y accéder facilement à pied en marchant dans l’eau (profondeur maximum 1,5 m). A marée basse, c’est encore plus simple. L’îlot est petit, on en fait le tour en quelques minutes entre rochers et pins. C’est une expérience très sympa, surtout au lever ou coucher du soleil !





📸 Photos prises en Juin-Juillet 2021 et en Mai-Juin 2023.

Pollença - Sanctuaire de la Mare de Deu des Puig

📸 Photo prise en Juin-Juillet 2021

Le Sanctuaire de la Mare de Déu del Puig (ou Santuari de la Mare de Déu del Puig, également appelé Puig de Maria) est l’un des sites les plus emblématiques et pittoresques de Pollença. Perché au sommet du Puig de Maria, une colline isolée à 330-333 mètres d’altitude, il offre un cadre à la fois historique, spirituel et panoramique exceptionnel.

La construction de ce sanctuaire a commencé en 1348, au cœur de la terrible épidémie de peste noire qui ravageait l’Europe et tua environ 20 % de la population de Majorque. Les habitants de Pollença y ont érigé une chapelle dédiée à la Vierge Marie pour implorer sa protection. La chapelle originelle fut achevée en 1355, puis transformée en monastère en 1371 pour accueillir des religieuses cloîtrées. Celles-ci y vécurent jusqu’en 1576 (ou vers 1564 selon les sources), date à laquelle l’évêque de Palma les obligea à descendre pour des raisons de sécurité. Elles s’installèrent alors à Palma. 

Au fil des siècles, on ajouta des murs de défense et une tour (XVe siècle) pour se protéger des pirates. Le sanctuaire subit plusieurs transformations architecturales : style gothique à l’origine, puis baroque au XVIIIe siècle, avant une restauration néo-gothique à la fin du XIXe siècle qui lui donna sa façade actuelle. Il servit longtemps de refuge spirituel et de lieu de pèlerinage. 

Le sanctuaire est un ancien couvent en grès, modeste mais chargé d’atmosphère. Vous pouvez y visiter :
- la chapelle gothique parfumée d’encens
- le réfectoire (avec ses grandes tables et ses fenêtres laissant entrer la lumière)
- la cuisine
- les couloirs ornés d’objets anciens

Une image de la Vierge du XIVe siècle trône sur le retable. L’endroit dégage une grande sérénité et reste un lieu de recueillement.

Les vues panoramiques sont tout simplement époustouflantes : Pollença en miniature en contrebas, les baies d’Alcúdia et de Pollença, la péninsule de Formentor à l’est, et la chaîne de la Tramuntana à l’ouest. Au coucher ou au lever du soleil, c’est magique.

Vous pouvez même y passer la nuit dans des chambres simples (environ 12 chambres, style refuge spirituel, sans grand luxe – douche en supplément). Un gardien/cuisinier peut vous préparer une paella sur commande. C’est l’occasion de vivre une expérience authentique et paisible, loin du tourisme de masse.