Lloseta - Oratoire del Cocó


L’Oratoire del Cocó, à Lloseta, est une petite chapelle dédiée à la Vierge Marie (Mare de Déu del Cocó ou Vierge de Lloseta). Elle se trouve en périphérie du village de Lloseta, dans la région du Raiguer, au pied de la Serra de Tramuntana, juste à côté du torrent Es Cocó (d’où son nom : « cocó » désigne en mallorquin une cavité ou un trou d’eau).
Selon la tradition locale, une statue ancienne de la Vierge (une « Vierge noire » vénérée depuis des siècles) aurait été découverte au Moyen Âge (vers le XIIIe siècle) par un berger musulman dans une cavité rocheuse près du torrent. L’image aurait miraculeusement refusé de bouger vers d’autres églises et serait restée sur place, signe divin pour les habitants. Le comte d’Aiamans (seigneur de Lloseta) aurait alors favorisé le culte. L’oratoire actuel, plus récent, a été construit entre 1877 et 1878 à la demande du vicaire de Lloseta, Miquel Arbona Mayol. Il a été consacré le 24 avril 1878 par l’évêque Mateu Jaume Garau. En 1978, pour son centenaire, il a été restauré (nouveau retable, sol en pierre, etc.). En 1988, il a été déclaré Bien d’Intérêt Culturel (BIC).C’est une petite chapelle très simple : une seule nef de 9 × 4 mètres, une voûte en croisée d’ogives, un autel avec l’image de la Vierge et une sacristie derrière. L’extérieur est en pierre de taille, avec une porte cintrée et une croix au sommet. L’intérieur est sobre et intime, idéal pour la prière.
Chaque année, surtout le premier mercredi après Pâques (la « Pancaritat » ou Romería del Cocó), les habitants de Lloseta organisent une belle procession à pied depuis l’église paroissiale jusqu’à l’oratoire. On y porte la statue de la Vierge, on chante la Salve, on célèbre la messe et on partage un repas communautaire (autrefois on apportait les restes de Pâques). C’est un moment très vivant et important pour la communauté.
Aujourd’hui, c’est un lieu paisible de dévotion et de promenade, parfait pour découvrir le vrai Majorque authentique loin des zones touristiques. Si vous passez par Lloseta, n’hésitez pas à y faire un détour : l’endroit est charmant et chargé d’histoire !







📸 Photos prises en Mai-Juin 2025.

Porto Cristo (Manacor) - Basilique paléochrétienne de Sa Carroja

Il s’agit d’un site archéologique important mais très discret, l’un des rares vestiges du christianisme primitif à Majorque. Située à Porto Cristo, cette basilique date de la fin du Ve siècle ou du début du VIe siècle (période paléochrétienne, parfois associée à l’influence byzantine ou post-romaine).
Découverte en 1908 lors de travaux de construction près du port naturel de Porto Cristo (sur la presqu’île de Punta Pagell), la basilique a été fouillée par l’architecte catalan J. Rubió i Bellver. Elle servait de lieu de culte pour une petite communauté chrétienne locale. Des tombes et un cimetière entouraient le bâtiment, avec quelques mosaïques découvertes (notamment celle d’une certaine Honòria). Le site a été classé Bien d’intérêt culturel en 1931. 
De forme rectangulaire (environ 23 m de long sur 10 m de large), elle était orientée est-ouest et divisée en trois nefs séparées par des colonnes. À l’ouest se trouvait le baptistère, avec un bassin baptismal cruciforme (en forme de croix) creusé dans le sol, permettant le baptême par immersion. L’abside (à l’est) était probablement tripartite, avec des chambres funéraires adjacentes. Elle présentait des similitudes architecturales avec la basilique voisine mieux conservée de Son Peretó.
Malheureusement, la basilique a été presque entièrement détruite lors de l’urbanisation rapide de Porto Cristo dans les décennies suivantes. L’emplacement exact est aujourd’hui recouvert par des bâtiments modernes et des rues (avenue Joan Amer / Avinguda d’en Joan Amer). 
Le seul élément visible est la piscine baptismale cruciforme, récupérée lors de fouilles d’urgence en 1996-1997 (à l’occasion de travaux sur les réseaux d’eau et d’égouts). Elle a été restaurée, protégée sous une dalle de verre sécurisée et installée directement sur le trottoir de l’avenue Joan Amer (numéros environ 44-61). Un panneau explicatif accompagne le site. L’ensemble est accessible gratuitement 24 h/24. 
C’est donc un « monument » très modeste : on ne voit plus que ce petit bassin en croix protégé par du verre, mais il témoigne de l’arrivée précoce du christianisme à Majorque.




📸 Photos prises en Mai-Juin 2025

Joan Fuster Bonnin


Joan Fuster Bonnin était un peintre espagnol, né en 1870 à Palma et décédé en 1943 à Palma. Il s'est formé à l'École des Beaux-Arts, puis dans l'atelier-école de Ricardo Anckermann. Il fut l'un des peintres les plus actifs, prolifiques de la première moitié du XXème siècle, ambitionnant d'évoluer son style de peinture et se consacrant exclusivement à cet art, ce qui était inhabituel à l'époque.Son style, marqué par l'impressionnisme réaliste, mettait l'accent sur les paysages ouverts, l'espace et la lumière, avec une passion pour la nature, la lumière et les couleurs de Majorque. Il fut influencé par le renouveau artistique à Majorque, notamment par le style innovant d'Antoni Gelabert Massot, ainsi que par l'école Anckermann et les artistes Eliseu Meifrèn, Anglada Camarasa, William Degouve de Nuncques et Santiago Rusiñol. Son esthétique s'inscrivait dans cette lignée, faisant de lui un pionnier du renouveau du style pictural majorquin au premier tiers du XXème siècle. Son impressionnisme réaliste présentait des similarités avec celui du peintre majorquin Miquel Forteza, notamment dans la qualité de ses coups de pinceau.Son œuvre était principalement liée à Rusiñol, Degouve et Juan Mir. Entre 1908 et 1909, il se lia d'amitié avec le peintre français Henri Brugnot. Il reçut des fonds d'Eliseu Meifrèn, lui permettant de rester à Majorque de 1907 à 1910. En 1914, il suivit l'œuvre d'Anglada Camarasa et échangea des expériences dans les années 1930 avec Guillem Bergnes. Il exprima sa passion pour le paysage majorquin dans un article paru le 15 août 1928 dans le journal El Día : «Il est de l'intérêt de tous les Majorquins, sans distinction, de défendre notre paysage qui est notre essence. Nous ne pouvons manquer aucune opportunité qui se présente pour l'exalter, l'affirmer et le proclamer autant que possible. Nous devons profiter de toutes les occasions que nous rencontrons, précisément parce que la renommée du paysage majorquin, des jours de prospérité et de bien-être devraient émaner pour tous les Majorquins.»Joan Fuster Bonnin exposa activement son travail en Espagne, en Amérique du Sud et en Europe, avec trente expositions solo documentées, à Palma, Mahon, Barcelone, Bilbao et Buenos Aires, ainsi qu'à Madrid, Barcelone, Londres, Marseille et Munich. Parmi ses expositions majeures figurent la National Exhibition of Fine Arts à Madrid (1899, 1901, 1904, 1906, 1908, 1926), l'Exposition d'Art à Barcelone (1898, 1907, 1921), la National Exhibition of Painting, Sculpture and Architecture à Madrid (1910, 1912, 1917), l'Exhibition of Fine Arts à Marseille (1903), la Munich International Exhibition (1913) et la Witcomb Exhibition à Buenos Aires (1929).Ses distinctions incluent la Silver Medal à l'Exhibition Balear de Soller (1887), la Gold Medal à l'International Exhibition de Marseille (1903) et des Honorable Mentions à la National Exhibition of Fine Arts à Madrid (1904 et 1906).Parmi ses œuvres notables, on compte The Passeig del BornRetrat de l'WifeVista de la Badia de Palma a la sortida des solNocturn amb figuresL'amo Moragues SonSon Tarongers RockMolinar Nocturn et Sa Foradada.