Ce blog est consacré à l’île de Mallorca (Majorque) : ses villes, ses monuments, ses spécialités, sa culture, son artisanat, ses hôtels, ses restaurants, conseils pratiques, etc... Visiter Majorque en situation de ♿️ handicap et/ ou 🐶 avec un chien. ‼️Un des blogs les plus complets en français consacré à Mallorca.‼️
La grotte du Soldat Pelut - Escorca
La paie de l'archiduc - Deià
Le prince austro-hongrois était l'héritier d'une des plus grandes fortunes d'Europe. À Majorque, on le connaissait sous le surnom d'« Archiduc ». Homme curieux et agité, débordant d'idées intellectuelles et artistiques, il était épris de la Méditerranée et, plus particulièrement, d'un petit coin de paradis devenu son foyer : s'Estaca, à Valldemossa. Il aimait la nature environnante, se promenant à flanc de colline jusqu'au rocher de sa Foradada.
Un matin de forte chaleur, après sa promenade, l'Archiduc était pressé de rentrer. En chemin, il aperçut un charretier. La charrette s'était renversée, la mule avait glissé, le chargement de bois était éparpillé. L'homme, en sueur, jurait. Il essayait de soulever la charrette, la mule, de ramasser le bois… mais il n'y parvenait pas ; c'était trop lourd pour lui seul. L'Archiduc, habitué à s'habiller comme un simple paysan, s'approcha et lui offrit son aide. Ensemble, ils soulevèrent la charrette et l'animal. Le charretier, désormais plus détendu, essuya la sueur de son front tandis que l'archiduc souriait. Puis, l'homme sortit une pièce de quatre centimes de sa poche :
« Prenez cet argent et buvez un verre. Et merci beaucoup pour vos services ! » dit-il.
Il la prit, toujours souriant. Arrivé à s'Estaca, l'archiduc demanda une enveloppe. Il y glissa la pièce de quatre centimes et écrivit en dessous :
« Pour la première fois, j'ai gagné cet argent à la sueur de mon front. »
C'était l'argent auquel il avait le plus tenu de toute sa vie, gagné à la sueur de son front.
Aujourd'hui encore, si vous allez à Son Marroig, vous verrez cette pièce.
La table de Galatzó - Calvià
D'après les connaisseurs, le seigneur du domaine de Galatzó était rustre et maussade ; son voisin, propriétaire du domaine de Son Fortuny, comptait sans cesse son argent et rien ne le rendait plus heureux que d'en posséder une belle somme ; et le voisin de Son Nét était si fier qu'il se vantait toujours de posséder le plus beau domaine de Majorque. Par un heureux hasard, les trois domaines étaient limitrophes. La majestueuse montagne de Galatzó était partagée entre les trois propriétés, et leurs limites convergeaient au sommet.
Les conflits étaient fréquents : si un troupeau de moutons de l'un s'aventurait sur les terres de l'autre et broutait les pâturages ; si des bûcherons de l'un ramassaient du bois de chauffage sur la propriété d'un voisin ; si des chasseurs, autorisés à chasser sur une propriété, ne l'étaient pas sur l'autre, ils y entraient comme des braconniers… Chacun se plaignait de l'autre, et aucun ne voulait s'abaisser à aller chez son voisin pour régler les différends. C'était une histoire sans fin. Finalement, un maçon d'Es Capdellà eut une idée. Avec une grande dalle, il construisit une table de pierre au sommet même, à la jonction des trois propriétés. Ainsi, chaque propriétaire pouvait discuter avec son voisin sans quitter sa maison. Les propriétaires acceptèrent et, dès lors, chaque fois qu'ils avaient un différend à régler, ils se réunissaient autour de cette table dressée au sommet de la montagne.
On raconte aussi qu'avec le temps, ils devinrent amis et qu'ils célébrèrent plusieurs festins à la table de Galatzó, ce qui effaça les vieilles rancunes.
Comme quoi ! Il vaut toujours mieux s'entendre avec ses voisins !
L'abbé de La Real - Palma
On raconte que le roi, homme travailleur et agité, se rendit au monastère de La Real. Il fut reçu par l'abbé, un homme gros et paresseux. Voyant son air si détendu, le roi décida de le taquiner. Pour le tenir éveillé, il lui posa trois questions et lui dit que s'il y répondait en trois jours, il donnerait à l'abbaye son poids en or. En revanche, s'il se trompait, il le ferait embarquer sur un navire pour sa bêtise !
Voici les questions :
1. Combien de paniers pourrait-on remplir de terre sur le Puig de Randa ?
2. Où se trouve le centre du monde ?
3. Qu'en pensez-vous ?
L'abbé fut stupéfait. Il commença à s'inquiéter terriblement ; il perdit le sommeil, l'appétit et toute envie de rire. Le voyant si préoccupé, un frère qui lui servait d'assistant proposa d'aller au palais répondre aux questions, vêtu de l'habit de l'abbé.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Devant toute la cour, le frère répondit aux trois questions :
1. Si le panier était aussi grand que le sapin de Puig, on ne pourrait en remplir qu'un seul.
2. Le centre du monde se trouve au milieu de cette pièce. Si quelqu'un en doute, qu'il aille vérifier par lui-même.
3. Le roi me prend maintenant pour l'abbé, mais il se trompe, car je ne suis que son assistant.
Sur ces mots, il ôta sa capuche et son habit d'abbé. L'assemblée, muette de stupeur, accepta ses réponses et lui remit son poids en or, qui fut versé à La Real.
Voilà qui est dit ! Mieux vaut ne jamais poser de questions impertinentes si l'on ne veut pas s'attirer des ennuis !

