Rotget, le bandit et son amulette - Escorca


Au XVIIIe siècle, les montagnes offraient un refuge idéal aux bandits. Ils y menaient une vie libre, non sans dangers. Certains possédaient un objet mystérieux, acquis par la magie noire, qui les rendait intouchables ; une sorte d’amulette : ils l’appelaient «follet».

Rotget était né à Alaró, roux et d’un tempérament rebelle. Il aimait voler les riches et se montrer généreux envers les pauvres. Et il possédait un «follet» ! Caché dans la bandoulière de sa sacoche, il ne le quittait jamais des yeux, même pour dormir.

Rotget était amoureux de Joana, et elle le savait, car il lui avait offert une fleur. Un jour, deux gardes menacèrent la jeune fille. En réalité, leur objectif était de capturer le jeune bandit : ils voulaient lui faire lâcher sa sacoche, son talisman, et, une fois sans défense, l’arrêter. Elle servirait d’appât. Ses refus et ses larmes furent vains.

Le jour de la fête de la Vierge, un bal avait lieu à Lluc. La jeune fille tremblait. Rotget arriva et l'invita à danser. Elle répondit comme on le lui avait ordonné :

«Je ne danserai avec toi que si tu enlèves ta sacoche.»

«Joana, ne me demande pas ça, ma vie en dépend.»

«Je ne danserai avec toi que si tu enlèves ta sacoche», répéta-t-elle, le cœur brisé.

Et Rotget ôta sa sacoche. Aussitôt, deux gardes se jetèrent sur la sacoche et le bandit. Il appela son «follet» :

«Mon ami, à l'aide ! J'ai besoin d'aide !»

La sacoche se redressa comme animée d'une vie propre et bondit telle une proie poussée par mille esprits. Mais en vain. Quelques jours plus tard, la sacoche fut brûlée publiquement sur le bûcher, et Rotget fut condamné à la pendaison.

À l'agonie, un seul nom sortit de ses lèvres : Joana.

Palma - Réhabilitation du parking de la Plaça Major

Le parking de la Plaça Major va être réhabilité et son accessibilité sera améliorée :

- Rénovation des deux ascenseurs
- Adaptation de l'espace occupé par l'atelier
- Création d'un espace vélos et scooters


 

La tour de l'amour - Palma


Dans le quartier Calatrava de Palma se trouve la rue La Torre de l'Amor, en souvenir de l'amour impossible entre le juif Mossé Faquim et l'épouse de Magaluf Natjar. Comme c'était un amour impossible, Mossé fit construire une très haute tour dans sa maison pour pouvoir contempler son amour depuis les pièces de sa maison. Magaluf a manifestement protesté auprès du roi Pere IV, qui a ordonné à Mossé d'abaisser la tour de douze pieds.

 

La sorcière de Joan Gotlet - Palma - Sant Jordi


Joan Gotlet courtisait deux jeunes filles de Pla de Sant Jordi. L'une d'elles, réputée sorcière, était très jalouse de l'autre. Gotlet leur rendait visite tour à tour. Or, chaque fois qu'il allait voir l'autre, il croisait un gros lièvre sur son chemin.

Il décida que s'il le revoyait, il lui tirerait dessus avec son fusil. Mais son plan échoua ! Au moment où il allait tirer, le lièvre s'écria :

« Ne tirez pas, c'est moi ! »

Tellement effrayé, Joan Gotlet s'enfuit de Sant Jordi jusqu'à Puig de Bonany à Petra et ne voulut plus jamais les revoir.

Un jeune homme d'Esporles et deux sorcières - Esporles


Voici l'histoire de Lau Fe't-pendre, un jeune homme d'Esporles qui courtisait deux jeunes filles à la fois : l'une de Puigpunyent et l'autre d'Establiments. Un feu de joie apparut devant lui sur un pont : s'il avançait, le feu se déplaçait, et s'il s'arrêtait, il s'arrêtait. Le garçon se retourna, et un autre feu apparut derrière lui. Le pauvre garçon fut saisi de peur par ces deux feux, l'un du côté d'Establiments et l'autre du côté de Puigpunyent. Il fut incapable de marcher de toute la nuit et ne rentra chez lui qu'au lever du soleil, lorsque les feux s'étaient éteints. Lorsqu'il raconta l'incident à sa mère et à sa sœur, elles crurent à un sortilège et attribuèrent la cause à ses deux conquêtes. Ou bien était-ce sa mauvaise conscience qui lui causait des visions ?

 

La tour du Comte Mal - Palma


Ramon Burguès-Safortesa, surnommé le comte Mal pour sa cruauté, possédait une maison à Palma, près du couvent Santa Clara, appelée Can Formiguera. On raconte qu'il aurait commandé aux démons une tour d'où il pourrait surveiller Margalida, une religieuse du couvent dont il était amoureux. Il fit construire une tour si haute que les jurés de Palma, horrifiés, arrêtèrent les travaux et l'obligèrent à la réduire. Une vieille légende évoque également un passage souterrain entre le couvent et Can Formiguera. Le comte l'aurait-il emprunté pour entrer dans le couvent ?

 

Des squelettes humains découverts au Château de Bellver


Lors des travaux de restauration du château de Bellver, les archéologues ont fait une découverte surprenante : deux squelettes humains bien conservés.

Il s'agirait des restes de soldats français décédés au début du 19ème siècle. A cette époque, des officiers et des soldats français étaient retenus captifs au château de Bellver suite à la bataille de Bailén, qui s'est déroulée en Andalousie du 18 au 22 juillet 1808, l'armée espagnole a vaincu un corps de l'armée française du général Pierre Dupont de l'Étang. Les forces espagnoles encerclent les Français et provoquent la reddition du général avec près de 18 000 hommes. Ce fut la plus grande défaite française dans la péninsule ibérique pendant les guerres napoléoniennes.

La fleur de l'orchidée- Pollença


La légende raconte qu'à l'époque romaine, une plante appelée orchidée poussait près du château du roi de Pollença. Flavi, un jeune homme d'origine modeste, découvrit qu'on pouvait extraire une teinture rouge de la fleur de cette plante. Mais Flavi était amoureux d'une belle et perfide femme, Valèria, qui l'accusa de vol pour se débarrasser de lui. Flavi fut emprisonné pendant longtemps. Pendant son incarcération, une jeune fille belle et généreuse nommée Canniana tomba amoureuse de lui.
Pour lui plaire, la jeune femme parcourait les affleurements rocheux, cueillant des orchidées qu'elle lui rapportait. La couleur rouge de l'orchidée devint son obsession, et c'est grâce à elle qu'il inventa le laticlave, une tunique qui deviendra célèbre parmi les sénateurs romains. Flavi fut libéré de prison et devint célèbre grâce à son invention. Et qu'advint-il de la belle Canniana ? Elle mourut de chagrin, incapable de conquérir le cœur du jeune homme…

 

Les calomnies vengées - Palma


Cette légende raconte comment nos mensonges peuvent se retourner contre nous. Après avoir déshonoré la jeune Beatriu Desmur et après sept années de guerre loin de Majorque, le jeune chevalier qui l'avait calomniée, de retour sur l'île, apprit la mort de la jeune femme. En guise de pénitence, il fut condamné à veiller toute la nuit auprès de son corps, seul, dans l'église Sant Francesc de Palma. On raconte que, le lendemain matin, le corps sans vie du chevalier fut retrouvé, la langue coupée, près du cercueil de la jeune fille.
Ce qui s'est passé durant la nuit reste un mystère. Certains disent que même les fantômes sont capables de vengeance.

 

Biel Perxanc et la femme de l'eau - Pollença

Maître Biel Perxanc vivait à Pollença et passait ses journées à la campagne, dans une ferme qu'il possédait près du port.

Sa maison était un véritable capharnaüm, mais un après-midi, en rentrant du travail, il la trouva propre.

Le même phénomène se reproduisit le lendemain, et le surlendemain. Intrigué, il se cacha dans une grande jarre en terre cuite pour observer ce qui se passait. Il entendit le bruit de l'eau qui coulait, et du puits émergea une belle femme à la peau claire et aux longs cheveux. La femme se mit à donner des ordres, et – comme par magie – tout fut nettoyé et remis à sa place. Il fut subjugué. Il lui demanda qui elle était, et elle répondit qu'elle venait des eaux.

Aussitôt, Biel la demanda en mariage, et elle accepta, mais à une condition :

«Tu dois me promettre de ne jamais m'appeler “femme de l'eau” ! Jamais !»

Le mariage fut célébré, et quelque temps plus tard, ils eurent deux enfants. Dès son arrivée, tout prospéra.

Un matin, la femme alla à la ferme et revint avec un magnifique bouquet. C'étaient des fleurs de haricot, éphémères et délicates. Biel était furieux car, les fleurs coupées, il n'y aurait plus de haricots dans le champ. La femme se défendit, disant qu'en tout cas, le gel du lendemain les aurait abîmés.

À ces mots, Biel entra dans une colère noire et s'écria :

«Maudite sois-tu ! Et que sais-tu du gel de demain ? Sais-tu ce que tu es ? Une maudite femme d'eau !»

Sur ces mots, la femme prit un enfant dans chaque main et disparut dans le puits.

Ils ne revinrent jamais, et Maître Biel, rongé par le regret, pleure encore son malheur. Il faut tenir ses promesses !


 

Ruixamantells, la fée - Pollença

Ruixamantellses est une fée d'une grande beauté, une nymphe des eaux envoûtante. Ses yeux sont couleur aigue-marine, son corps est élancé et son sourire énigmatique. Elle se pare de manteaux aux couleurs de l'arc-en-ciel qu'elle fait flotter au vent. On raconte qu'elle vit dans un palais enchanté au fond des mers, gardé par des phoques méditerranéens, avec des colonnes de corail rouge et des fenêtres de nacre, illuminées par des poissons aux reflets irisés.

Dans ses jardins poussent des anémones de mer et des algues aux reflets chatoyants. Elle voyage sur le dos des dauphins et, parfois, par gros temps, elle chevauche les vagues. Elle chante, se peigne les cheveux d'or et, de sa voix mélodieuse, captive les marins qui osent prendre la mer malgré la tempête.

On raconte qu'à Pollença vivait un marin intrépide et courageux qui, un jour, brava les vagues et les signes de la tempête. Sa bien-aimée le supplia sans cesse de ne pas prendre la mer, mais il demeura indifférent et fit la sourde oreille. Au milieu de l'océan, il rencontra Ruixamantells et fut subjugué par sa beauté. Aussitôt, il perdit la raison et la mémoire, et s'unit pour toujours à la fée envoûtante.

Sa bien-aimée, oubliée, le chercha inlassablement le long du rivage. Chaque jour, elle scrutait l'horizon dans l'espoir de le revoir, mais il ne revint jamais. La jeune fille se consuma de chagrin et mourut de douleur.

On l'enterra sur la plage, là où poussent les lys de mer.

Cherchez-les, regardez-les… Ils surveillent encore si le marin revient...


 

Les petits diables de Mainou - Alaró

On dit que de petits diables rôdent partout à Majorque. Un peu espiègles, certes, mais pas méchants. Surtout, il faut les occuper sans cesse, car ils sont infatigables ! Demandez donc à la dame de Mainou, à Alaró, qui leur a d'abord ordonné d'apporter une fontaine, et ils l'ont fait ! Ensuite, elle leur a demandé d'entourer toute la propriété d'un mur, et ils l'ont fait en un clin d'œil ! Et, exaspérée, elle leur a demandé de blanchir une toison de laine noire. Les petits diables ont frotté sans relâche pendant sept jours, jusqu'à ce qu'ils aient finalement dû abandonner. Tellement déçus de ne pas avoir pu terminer leur tâche, on ne les a plus jamais revus à Mainou !

El Claper dels Gegants - Capdepera


Le Claper des Gegants est en réalité un talayot, une de ces constructions préhistoriques faites de pierres si imposantes qu'il semble impossible qu'elles ne soient pas l'œuvre de géants. Ce Claper des Gegants est également appelé le talayot ​​de s'Heretat et compte parmi les plus importants conservés à Majorque.

 

La grotte des géants d'es Fangar - Campanet


Dans le domaine d'Es Fangar, à Campanet, se trouve une grotte où vivaient jadis des géants. C'étaient des géants très amicaux, et tous les habitants des environs les connaissaient. Ils étaient si reconnaissants qu'ils firent même un cadeau à une jeune fille nommée Catalineta : à chaque mot qu'elle prononçait, une pièce de monnaie sortait de sa bouche. Cependant, si quelqu'un les irritait, ils étaient impitoyables. C'est pourquoi Catalinota, une fille impolie et désagréable, n'eut pas cette chance. Les géants lui offrirent une trompe qui faisait « tururu » à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche ! Voilà ce qui lui arrivait pour son impolitesse !

 

Le nœud de cravate - Escorca


Sur la route qui descend vers Sa Calobra, il existe un endroit où la route passe sous elle-même. On l'appelle le Nœud de Cravate, et les plus imaginatifs d'entre nous prétendent qu'il s'agit d'un chef-d'œuvre d'ingénierie réalisé par un géant. Mais il n'en est rien ! Il a été construit par un ingénieur du nom d'Antoni Parrietti Coll en 1899. L'un de ses plus grands rêves était de construire un funiculaire jusqu'au Puig Major, où il projetait d'édifier un observatoire astronomique, des pistes de ski et un restaurant.

 

Fougères où naissent les diablotins - Son Servera


On raconte que le matin de la Saint-Jean, les fougères fleurissent et produisent des graines, qu'elles dispersent dès le lever du soleil. Mais ce ne sont pas des graines ordinaires ; quiconque parvient à les ramasser verra que chaque graine se transforme en un petit diable… Impossible de les cueillir, car elles plongent dans le sommeil, et tous ceux qui s'y essaient s'endorment. L'un des lieux de naissance de ces petits diables est le Puig de Sa Font, dans la commune de Son Servera… Ces petits diables sont malins et un brin espiègles. Ils ne tiennent jamais en place !

 

Le géant du Puig de Randa - Algaida

Il était une fois un géant, grand comme un jour sans pain et gros comme la tour d'un moulin. Il vivait sur la côte d'Alger et aimait bavarder avec les pêcheurs et les marins. Tous ne tarissaient pas d'éloges sur une île au milieu de la mer, nommée Majorque.

Ils disaient que ses plages étaient enchanteresses, ses eaux cristallines et son sable fin comme de l'or. Que les montagnes s'élevaient vers le ciel et que mille oiseaux chantaient parmi les roseaux des lagunes.

C'est pourquoi le géant rêvait d'y aller. Un panier de terre sur le dos, une poignée de graines de basilic dans la poche et un long bâton à la main, il espérait embarquer. Mais il ne pouvait tenir dans aucune barque, ni assis ni debout.

Un capitaine rusé pensa qu'il pourrait l'emmener sur deux bateaux s'il mettait un pied dans chacun. Et c'est ce qu'ils firent. Les bateaux traversèrent la Méditerranée, laissant des sillages parallèles, comme des rails de chemin de fer. Mais lorsqu'ils croisèrent Cabrera, leur cap changea : l'un vira à droite, l'autre à gauche. Les jambes du géant s'écartèrent de plus en plus… Il s'affaissa tellement que, de peur de tomber, il se pencha, plantant son bâton dans le sol majorquin, et son panier lui se renversa. Toute la terre qui tomba de lui forma le Puig de Randa ; là où son bâton atterrit, naquit le puits de Cala Pi ; et là où la sueur du géant coula, la Font de la Vila commença à couler, et elle coule encore aujourd'hui.

Et que ceux qui n'y croient pas, aillent voir par eux-mêmes !


 

S'Entreforc et l'aire de battage d'Escorca - Escorca


La légende raconte qu'un dimanche d'été, des paysans battaient des céréales et chantaient sur l'aire de battage d'Escorca tandis que des mulets faisaient tourner la batteuse. Un prêtre passait par là qui allait rendre visite à un mourant, mais les paysans continuaient de chanter et de proférer des blasphèmes, sans montrer aucun respect. En guise de punition, sans qu'on sache comment, l'aire de battage sur laquelle ils se trouvaient s'est ouverte comme un grand entonnoir et a englouti hommes, animaux, outils et céréales. On raconte que chaque année, le jour même où ces événements se sont produits, pendant la nuit, les voix des hommes à l'intérieur de la fosse se font encore entendre, avec une chanson qui fait froid dans le dos...

 

La peur de Son Fortesa - Puigpunyent


Dans des maisons aussi grandes que celles des possessions, il y a parfois des scènes effrayantes qui finalement ne font pas peur. C'est ce qui s'est passé il y a de nombreuses années à Son Fortesa, où tous ceux qui passaient la soirée devant la cheminée entendirent, une nuit, une mystérieuse sonnerie venant des pièces du dessus. Ils se sont tous armés de courage, de fusils et de bâtons, et sont montés, effrayés, pour voir ce qu'était ce ding-dong... Finalement, il s'est avéré que c'était un chat joueur qui faisait du chahut avec les cloches que le paysan avait gardé là.

 

La vallée de l'enfer - Valldemossa


Une vallée est une zone plus ou moins étendue située entre des terres plus élevées. Pour cette raison, certaines vallées sont appelées l'enfer, car lorsque nous les parcourons, il semble que nous y pénétrons réellement : à cause du manque d'air, de la chaleur, du silence et de l'isolement. Est-il vrai que si nous allons plus loin, nous atteindrons la maison du démon ?

 

Un invierno en Mallorca

 

💬 Mon article sur le livre de George Sand. 

Le fantôme blanc - Consell


Certains diront que les fantômes n'existent pas... mais demandez au laboureur du Consell qui en a croisé un sur la route d'Algaida. On raconte que le pauvre homme marchait le long de la route quand, tout à coup, un hibou volant à basse altitude ôta son chapeau. A partir de ce moment, ce brave homme a commencé à se sentir mal à l'aise.
Ces animaux lui faisaient très peur, maintenant il semblait voir des hiboux partout ! Peu de temps après, trois canailles de Santa Maria voulurent lui faire une blague : l'un d'eux se déguisa en fantôme et alla à sa rencontre. Le pauvre homme a pris ses jambes à son cou et il était si terrifié qu'il est probablement encore en train de courir !

 

La bague de la dame - Palma


Santa Clara est l'un des plus anciens couvents de Palma. Selon la légende, une noble dame majorquine a laissé une demande écrite pour être enterrée dans l'église du couvent de Santa Clara à sa mort, avec une bague très prisée à l'annulaire. Quand elle est morte, ses instructions ont été suivies. Avant qu'elle ne soit enterrée, cependant, l'un des hommes qui surveillait son cadavre a tenté de voler la bague alors que personne ne le regardait. C'était très serré et il avait du mal à l'enlever, alors il lui est venu à l'idée de lui mordre le doigt et plus tard de retirer la bague... C'est exactement ce qu'il a fait. Au moment où il lui mordit le doigt, cependant, le cadavre revint à la vie, poussant un grand cri de douleur. Le voleur tomba mort sur le coup, tant la frayeur qu'il reçut fut grande !

 

La maison noire - Palma


Là où se trouve aujourd'hui la Plaça Major de Palma, il y a des siècles se trouvait le Tribunal du Saint-Office, un bâtiment qui abritait la prison de la Sainte Inquisition. Ce tribunal était tellement redouté et tant d'atrocités s'y déroulaient qu'on l'appelait la Maison Noire. En 1820, quelques jours après sa disparition définitive, il fut pillé et toute la documentation qu'il contenait fut brûlée.

 

Fuite et condamnation des Chuetas - Palma


Pendant des siècles, les Juifs ont été persécutés à Majorque et dans toute l’Espagne. En 1488, les Rois Catholiques créèrent la Sainte Inquisition pour contrôler que les juifs convertis au christianisme, connus sous le nom de Chuetas à Majorque, abandonnent véritablement les pratiques religieuses juives. L'Inquisition les effraya et les persécuta, et ceux qui désobéiraient seraient condamnés à être brûlés vifs sur la place publique. L'histoire raconte qu'en 1688 un groupe de Juifs de Palma s'était mis d'accord pour quitter l'île et échapper à l'Inquisition en embarquant sur un navire anglais. Ils organisèrent le départ du port de nuit pour qu'ils ne soient pas découverts. Mais à ce moment-là, une grande tempête éclata et le navire dut rentrer au port. L'accueil des inquisiteurs fut implacable et de nombreux Chuetas moururent des suites de cet épisode.

Cette histoire n'est pas une légende, mais plutôt une histoire, parfois plus effrayante que mille esprits et fantômes...


 

La tour d'Els Caps - Palma


A l'époque médiévale, dans la tour des Caps de l'Almudaina, les têtes des morts exécutés étaient pendues devant tout le monde. C'était une image horrible ! Ce fut le cas, par exemple, du bandit Treufoc et de la jeune fille Jeroni Pau Cavalleria, les deux assassins de l'auditeur de l'Audiencia Jaume Joan de Berga. La tour que vous pouvez voir aujourd'hui n'est cependant pas l'originale, mais il s'agit d'une construction du début du XXe siècle, œuvre de l'architecte Guillem Reynés et s'inspire d'une semblable du château de Perpignan.

 

La lumière de la terre - Son Servera

Mère et fils étaient si pauvres qu'ils n'avaient pas de toit et vivaient des quatre aumônes qu'ils demandaient. Un après-midi, ils arrivèrent à Sant Llorenç. Il faisait froid et le crépuscule tombait. Un homme sans cœur leur offrit un endroit pour la nuit, mais il ne leur dit pas que c'était un lieu hanté où vivait une étrange présence. La femme et l'enfant allumèrent un feu avec quatre branches et préparèrent du « pancuit » (soupe de pain et d'eau) pour le dîner. Après la première cuillerée, ils entendirent une voix grave et vibrante crier de peur :

  • « De la lumière ! Donne-moi de la lumière ! De la lumière, il en faut ! »

L'enfant s'approcha d'une pièce et ouvrit la porte, qui grinça lourdement. À l'intérieur, à la lueur de la bougie qu'il portait, il vit un vieil homme robuste à la longue barbe blanche, assis sur une chaise vermoulue recouverte de velours couleur sang. À la lumière qui l'éclairait, le grand homme se mit à lire l'immense livre qu'il tenait sur ses genoux. Jusqu'à ce qu'après un long moment, il dise :

  • « Maintenant, j'ai fini ! » Je ne pouvais pas entrer au paradis avant d'avoir fini de lire le livre à la lumière de la Terre. Personne n'écoutait ma supplication ; tout le monde avait peur. Tu as été courageux et tu seras récompensé. Plonge dans le feu et tu trouveras un pot rempli d'or. Tout est pour toi et ta mère.

Il le fit, et ils furent riches pour toujours. Allez, n'aie pas peur !


 

La peur de Mancor - Mancor de la Vall

Il y a longtemps, à Mancor, il y avait une maison d'où, disait-on, émanait la peur. Personne n'osait s'en approcher, et encore moins y dormir ou y vivre. Son propriétaire l'avait fermée à clé. Une nuit, quatre jeunes hommes qui traînaient dans les tavernes et chantaient la sérénade aux jeunes filles tentèrent d'y dormir. Ils demandèrent la clé et, après une bonne bagarre chacun, s'y rendirent.

Ils ouvrirent toutes les pièces et ne virent rien d'inhabituel. Ils se mirent au lit et, au moment même où ils éteignaient les lumières, ils entendirent un bruit terrifiant : des cris, des coups de pied, des jurons, des chaînes qui traînaient, des poutres qui craquaient… Ils allumèrent une bougie, et tout fut fini. Lorsqu'ils l'éteignirent, le vacarme reprit, encore plus fort ; on aurait dit que la maison s'effondrait, et que le lit tanguait comme un navire par une nuit de tempête. Cela se reproduisit une demi-douzaine de fois jusqu'à ce qu'ils se réveillent, terrifiés, et découvrent dans un coin un homme imposant fumant une énorme pipe. Il y avait tellement de fumée qui sortait de son nez et de sa bouche qu'il semblait avoir l'enfer en lui. Un des jeunes hommes voulut le frapper avec une matraque, mais il le gifla si fort que la matraque vola jusqu'au plafond. Les garçons, effrayés comme des souris, coururent si vite qu'ils se cognèrent les talons.

Et ils courent toujours, ils ne se sont jamais arrêtés. Personne d'autre n'est rentré dans la maison. Voyons voir qui sera le plus courageux qui osera !


 

El Comte Mal - Calvià

Les nuits de pleine lune, au-dessus de la haute montagne de Galatzó, une lumière verdâtre scintille sur les rochers et une odeur fétide de soufre imprègne l'air. Les habitants des environs le savent. C'est l'âme damnée du comte Mal, qui chevauche sans relâche à travers les terres où il a commis ses méfaits. Il ne trouve aucun repos, car ni le ciel ni l'enfer ne veulent de sa compagnie.

De son vivant, le comte Mal était un seigneur despotique et sans cœur. Il étouffait les éleveurs sous les impôts, ne payait pas ses ouvriers, mentait en traçant les limites de ses domaines, déshonorait les jeunes filles, maltraitait les animaux et maudissait quiconque s'opposait à sa volonté. On dit d'ailleurs qu'il avait conclu un pacte avec le diable, scellé par la méchanceté et la haine.

Près des maisons du domaine de Galatzó, un rocher percé appelé s'Argolla servait à torturer ses ennemis. À leur mort, il jetait leurs corps dans les gouffres environnants. Après sa mort, de nombreuses nuits plus tard, il apparaissait entouré par les flammes sur son cheval et parlait à sa femme. Il lui demandait de l'aider à endurer les souffrances de l'enfer. Mais elle lui répondit que s'il avait commis seul ses méfaits, lui seul devait les purifier. Seules la prière et la croix purent le chasser.

C'est pourquoi son ombre maléfique rôde encore en Galatzó, cherchant le repos impossible de son âme tourmentée.

Et si vous y allez par une nuit de pleine lune…


 

L'herbe prodigieuse du Puig de na Fàtima - Valldemossa

Bernat était un jeune homme de Valldemossa, enlevé par les Maures et et avait vécu en captivité en Afrique. Un jour, il fut vendu à un vieux cadi aveugle et bienveillant. Bernat, le voyant si triste de sa cécité, eut pitié de lui et lui parla d'une herbe miraculeuse qui poussait sur une colline près de son village. Personne ne savait à quoi ressemblait cette herbe, ni quand elle fleurissait, ni quand elle produisait des grenades, mais dès qu'un objet qui l'avait touchée entrait en contact avec une blessure ou une partie malade, celle-ci était instantanément guérie. Le cadi ordonna à Bernat d'aller sur la colline et de la fouler d'un bout à l'autre, puis de lui rapporter les chaussures qu'il avait portées, au cas où elles auraient le pouvoir de guérir son mal.

Bernat, à la fois excité et effrayé, retourna à son village. On lui avait donné sept paires de pantoufles, une pour chaque jour de la semaine. Celles du lundi étaient ornées de perles, celles du mardi de rubis, celles du mercredi brodées de fils d'argent, celles du jeudi était orné d'or. Les pantoufles du vendredi étaient de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel ; celles du samedi étaient ornées de clochettes ; et celles du dimanche, de diamants. Il parcourut inlassablement la colline. À son retour, le cadi frotta chacune de ses pantoufles sur ses yeux douloureux, et ce n'est qu'avec la dernière qu'il recouvra la vue. Il combla Bernat de bénédictions et de richesses et lui accorda avec gratitude sa liberté.

Eh bien ! Attention à ce sur quoi vous marchez, certaines d'entre elles ont peut-être des vertus méconnues !


 

La tête de maure - Palma


Si vous levez les yeux, à l'angle de la rue Jovellanos, de la Plaza de las Tortugas et El Born, vous verrez la tête pendue d'un Sarrasin. Mais ce n'est pas réel ! C'est une sculpture. Cet endroit est connu sous le nom de «Cap des Born». Les plus méfiants pensent qu'il s'agit de la tête d'une victime du capitaine Barceló, le corsaire majorquin qui massacra les pirates sarrasins au XVIIᵉ siècle. Certains de ses otages furent exécutés sur place, sur El Borne, non loin du coin de la rue. Mais d'autres proposent une autre explication mon légendaire : on l'appelle ainsi parce qu'il est situé au début, en haut, de la promenade. Qui sait !

 

La grotte du tabac - Manacor


La grotte du Tabac était un lieu de prédilection pour les contrebandiers : ils y cachaient des paquets de tabac, de farine ou de café importés clandestinement d'Alger. La contrebande était une forme de commerce illégal, un moyen de contourner la loi et les impôts. Les contrebandiers introduisaient des marchandises à Majorque sans passer par les contrôles des autorités. Ce commerce est également connu sous le nom d'«estraperlo», un mot dérivé de l'introduction d'une marque de jeu de roulette électrique, appelée Stra-Per-Lo, installée au casino de Saint-Sébastien (au Pays basque) et à l'hôtel Formentor (à Majorque). Elle fut ensuite interdite par la police, car elle s'avéra frauduleuse.

 

Les portes de l'enfer - Llucmajor


Dans le domaine de Llucamet, dans le port de plaisance de Llucmajor, se trouvent des falaises appelées les Portes de l'Enfer.
Ces falaises sont si sauvages que seules les chèvres peuvent y accéder. En 1883, un jeune homme nommé Miquel Mutet y fut victime d'un tragique accident en descendant attaché à une corde et y perdit la vie.
Les habitants se souviennent encore de cet événement.

 

Sustrando Citrato et Babá Jussifà - Artà


Si vous vous promenez dans le parc naturel de la péninsule de Llevant, aux alentours de s'Alqueria Vella d'Avall, vous rencontrerez deux personnages légendaires : Sustrando Citrat et Babà Jussifà. Ne soyez pas surpris s'ils ne vous saluent pas ; ils sont pétrifiés. La légende raconte qu'il s'agissait de deux Sarrasins qui refusèrent de quitter l'île suite à la conquête de Jaume Ier. Depuis lors, ils sont restés pétrifiés, observant le temps qui passe...

 

Le sang des Maures - Alaró


Lorsque le soleil se couche, les falaises du château d'Alaró prennent une couleur rougeâtre qui les rend spéciales. Selon la légende, cette couleur est due au sang qui a été versé lors de la bataille sanglante qui a eu lieu lors de la conquête de Majorque par les troupes du roi Jaume. Le château d'Alaró fut l'une des dernières places fortes où les Sarrasins se réfugièrent avant que les troupes catalanes ne les battent. Une autre trace du passage du Roi Jaume dans ce lieu est la marque du sabot de son cheval sur l'une des pierres jouxtant le portail de l'enceinte du château.

 

La main du Maure - Palma


Le nom "Carrer de la mà del Moro" fait référence à une histoire tragique qui s'y est déroulée. En 1731, Amet - un jeune musulman au service de l'évêque Martí Mascord - rendu fou par sa passion pour la nièce de l'aumônier, tua le prêtre à coups de poignard. L'intention d'Amet était de voler son argent et de pouvoir fuir avec sa bien-aimée loin de Majorque, pour profiter d'un amour qui aurait été impossible à l'époque : celui d'un musulman avec un chrétien. Son plan, cependant, ne s'est pas bien passé et Amet a été arrêté et condamné à mort. Le 15 novembre, il a été exécuté et, à la mémoire et à l'avertissement de tous, sa main a été coupée et suspendue à la façade de la maison où ces terribles événements avaient eu lieu.

 

Le Castell de Santueri - Felanitx


Lorsque le roi Jaume Ier avait déjà conquis l'île, au château de Santueri, la résistance était encore forte. Aussi ordonna-t-il à son meilleur chevalier de combler son retard. Mais les Sarrasins se moquaient des chrétiens qui les harcelaient. Ils avaient encore le garde-manger bien approvisionné. Comment ont-ils eu de la nourriture était un mystère. Y avait-il un tunnel secret qui atteignait la mer ?
Avaient-ils un talisman qui les rendait invisibles et partaient à la chasse ? Ou un sort a-t-il multiplié le blé ?
Le chevalier pensait que s'ils ne gagnaient pas avec leurs armes, ils gagneraient avec ruse. Il jura que le fanion catalan flotterait au-dessus du mur. Le souvenir des danses sur la place lui en a donné l'idée. Il est allé à Felanitx et a expliqué son plan aux gens du village. Le lendemain apparaissent les xérémiers et les danseurs qui entamèrent une danse animée sur l'ère de la possession en contrebas du château. Le tintement du tambour marquait les pas et les bondissements des danseurs, la mélodie des cornemuses remplissait les cœurs.
Les Sarrasins furent surpris d'entendre la musique et regardèrent, posant leurs bras sur le bord du mur. C'était la stratégie du chevalier. Tandis que les Sarrasins regardaient à travers la forteresse. Ils grimpèrent accrochés aux murs, se faufilant furtivement. Quand ils furent à l'intérieur, ils ouvrirent les portes du château puis un troupeau de guerriers entra. L'attaque était par surprise et aucun des hommes qui gardaient le château n'a pu réagir. Des cris d'impuissance et de colère contre leur propre naïveté. Ils furent emmenés en captivité, tandis qu'un soldat du roi grimpait jusqu'au fanion sarrasin, l'enlevait et mettait à sa place le drapeau des quatre barres.
Ah va ! Pas besoin d'être distrait !

 

“Bé hem dinat” - Calvià


Aujourd'hui, Bendinat est un quartier résidentiel avec des villas, un terrain de golf et une large gamme de restaurants et de services. La légende raconte que le roi Jaume, le Conquérant, qui campait dans cette zone après son débarquement sur l'île, se vit offrir du pain, des olives et de la soupe à l'ail. C'était un repas frugal mais, à la fin, il s'est exclamé : «Bé hem dinat» («Comme nous avons bien mangé»). Et c'est de là que vient le nom de ce lieu : Bendinat. Il y a aussi le château de Bendinat, un château néogothique dont le marquis de La Romana fit construire au XIXème siècle, imitant l'architecture de nombreux châteaux européens.

 

L'auge du roi Jaume - Andratx


Es Pantaleu est une petite île juste en face de Sant Elm (Andratx). C'était le premier morceau de sol majorquin sur lequel le roi Jaume et ses troupes ont débarqué lorsqu'ils sont arrivés pour conquérir l'île. Il y avait dessus une petite source d'eau douce, avec un abreuvoir où le cheval du roi aurait bu. C'est aussi le premier lieu où se tenait la messe. Selon les chroniques de l'époque, alors que la flotte y était ancrée, Jaume 1er reçut la visite d'un Sarrasin appelé Ali, qui nagea jusqu'à l'île pour raconter au monarque comment les Sarrasins avaient organisé la défense de l'île.

 

Es Caló del Rei - Artà


Après avoir conquis Majorque, le roi Jaume est parti pour Barcelone, mais a dû revenir car il y avait un groupe de Maures dans les montagnes d'Artà, où se trouve maintenant la Colònia de Sant Pere, qui ne voulait pas se rendre. Le monarque, d'où il est parti, a traversé la mer avec la pointe de son épée et devant lui une route large et plate a été ouverte qui a atteint le Caló de Betlem, afin qu'il puisse atteindre à pied avec ses troupes. Encore aujourd'hui à Es Caló il y a une pierre très plate, et on dit que c'était là où le roi a débarqué.

 

Le dernier exploit du roi Jaume - Sant Llorenç des Cardassar

Les Sarrasins expulsés de Majorque après la conquête du roi Jaume apprirent que le monarque était déjà dans ses derniers jours de vie.
Ils voulaient profiter de la mauvaise santé du roi et débarquèrent leurs galères près de Sa Punta de n'Amer. Lorsque le roi mourant l'apprit, il ordonna de l'attacher à son cheval et d'envoyer l'animal au galop vers l'endroit de la côte où se trouvaient les navires ennemis. Quand les Sarrasins virent Jaume 1er venir vers eux avec cette fureur, ils eurent peur et s'enfuirent effrayés !

 

Les empreintes du cheval de Sant Jordi - Valldemossa

La légende raconte que le chevalier Sant Jordi aida le roi Jaume à chasser les Sarrasins de Majorque.
Dans l'une de ces batailles, le cheval de Sant Jordi galopait sur un chemin très irrégulier vers le port de Valldemossa, connu sous le nom de Pas de Moro. Soudain, le cheval sauta à quatre pattes par-dessus un rocher qui, en raison de sa puissance, laissa des traces avec ses sabots. Et même maintenant, après des siècles, on peut les trouver bien marqués sur la pierre.

 

L'empreinte et la pisse du cheval - Algaida


Entre Santa Eugènia et Algaida, dans une propriété rustique appelée Can Tano, il y a un petit trou dans la partie supérieure d'une pierre, semblable à l'empreinte d'un cheval. Ils l'appellent "L'empreinte du cheval du roi Jaume" et juste à côté il y a une autre pierre, grande et lisse, qu'ils appellent "La Pisse" du même cheval. Partout où le roi passait avec son cheval, il laissait sa marque !

 

Les chevaliers Cabrit et Bassa - Alaró


 Durant l'hiver 1285, Alphonse "Le Franc" avait envahi Majorque avec ses troupes pour reprendre l'île à son oncle, le roi Jaume II.  Il avait déjà obtenu la capitulation, mais certains loyalistes résistèrent et se réfugièrent dans le château d'Alaró. Alphonse monta là-haut avec ses troupes et exigea qu'on leur rende le château. Ils répondirent qu'ils ne reconnaissaient que le bon roi Jaume II comme autorité. Alphonse, enragé et devant les portes closes de la forteresse, cria :

- Le Grand Alphonse d'Aragon exige que vous ouvriez !
- La grande oie, la grande oie... Ici nous mangeons l'oie en sauce - répondirent ironiquement deux soldats - et nous ne connaissons pas d'autre roi que notre bon roi Jaume.
- Qui êtes-vous, des gens sans vergogne ? - il demanda.
- Guillem Cabrit et Guillem Bassa, guerriers fidèles à leur roi ! -ont-ils crié hautain.
Alfonso, en colère, leur fit face :
- Si chez toi tu manges l'oie en sauce, chez moi on mange la chèvre (Cabrit) grillée et on jette la merde dans la basse fosse (Bassa). Je vous jure que si vous êtes des chèvres, vous mourrez comme des chèvres !
Et il a donné l'ordre d'attaquer. Les soldats d'Alphonse ont conquis le château et les deux guerriers furent condamnés à mourir rôtis à la broche, comme ils le firent pour les chèvres. Le roi n'eut aucune pitié, mais le peuple se souvient de l'exploit de Cabrit et Bassa.
Dans le château d'Alaró, leur souvenir de fidélité est préservé pour toujours.

Le visage du roi Sancho - Valldemossa


Le roi Sancho avait du mal à respirer et c'est pourquoi il avait ordonné la construction d'un palais à Valldemossa et de quelques maisons au pied du Teix. Là-bas, l’air était pur et il aimait faire des promenades. Un jour, il arriva avec son entourage à la fontaine Na Rupit. Quand il est arrivé, il avait soif, mais il n’avait pas de verre. Le maître de Son Pancuit s'approcha et lui offrit un petit verre en argent. Le monarque, reconnaissant, discuta avec lui pendant un moment. Il paraissait si sensé et si discret qu'il décida de tester sa loyauté : il lui confia un secret d'État et lui fit jurer qu'il n'en parlerait à personne, à moins d'avoir d'abord vu cent fois le visage du roi. Au bout d'un moment, il envoya son ministre pour le tenter avec de l'argent s'il révélait le secret. Mais le maître refusa encore et encore, jusqu'à ce que le chevalier lui propose cent pièces. Puis il a demandé à les voir et à les compter avant de lui donner l'information. Il les regarda une à une puis lui révéla le secret que lui avait confié le roi Sancho.
Lorsque le monarque l'a découvert, enragé, il l'a fait appeler et lui a dit qu'il l'avait trahi pour de l'argent. Le maître répondit que, comme ils en étaient convenus, il n'avait parlé qu'après avoir vu cent fois le visage du roi, car sur chaque pièce de monnaie, il avait son effigie gravée et il les avait regardées attentivement.
Le roi, admiratif pour son ingéniosité, l'exonèra du paiement des impôts à vie.

 

La patte du roi - Inca

Tout le monde connaît les exploits du roi Jaume 1er, le Conquérant, arrivé à Majorque en 1229 pour lutter contre les Arabes. Ceux qui le connaissent disent que le roi Jaume était un guerrier courageux et déterminé.
Son cheval n'était pas non plus une bête comme les autres : il avait à la fois la puissance de mille chevaux et une vue perçante comme celle de mille aigles.
Un jour que le roi combattait dans les rochers du Puig Major, cheval et cavalier apprirent qu'à Inca les Sarrasins attaquaient furieusement l'armée royale. Jaume n'hésita pas une seconde et éperonna le cheval de toutes ses forces. Grâce à cela, l'animal fit un bond si colossal et prodigieux qu'il se retrouva instantanément sur les terres de la région de Raiguer.
Sur les quatre pattes du cheval, trois ont marché sur un sol meuble, mais une a dérapé sur un rocher arrondi. Le coup de pied était si fort que la pierre a été marquée à jamais. Et il reste là, comme un souvenir.
Les Sarrasins s'enfuirent effrayés et, en peu de temps, tout Majorque appartint au roi. Les marques ici et là sur nos rochers restent dans notre mémoire du cheval et de sa force. Ils témoignent de la force d’un cheval fabuleux et du dynamisme d’un roi extraordinaire. Là où il y a ces marques, elles sont connues sous le nom de «La Patte du Roi».
Pouvez-vous en trouver davantage ?

L'homme noir de sa Coma - Sóller


On raconte que dans un ravin très profond de Sóller, composé uniquement d'oliviers et de forêts, il y a une grotte d'où, à d'autres époques, sortait un petit homme noir le samedi de Pâques. Il voulait trouver quelqu'un pour lui apporter une bougie allumée avec le nouveau feu qu'on allume dans l'église ce jour-là. Si c'était le cas, on dit que cela exploserait en pièces d'or et en richesses...

 

Grotte des sorcières - Pollença


La grotte Ses Bruixes possède un charme qui vient d'autrefois. On la trouve depuis la crique d'Ariant, tournée vers le large. Les sorcières venues de Catalogne y passaient-elles la nuit ? Se seraient-elles accrochées à ses murs et auraient-elles tourné en rond comme des chauves-souris ?

 

Yeux de sirène - Pollença


S'Alzinaret sont des grottes creusées il y a plus de 3000 ans.  Selon la légende, les colons pré-talayotiques qui vivaient dans la région connaissaient déjà l'herbe endémique qui poussait sur les rochers du Cavall Bernat sous le nom d'«yeux de sirène». Cette herbe ne se trouvait nulle part ailleurs dans le monde et était utilisée pour fabriquer un sirop qui guérissait tous les maux. Le chef de la tribu était un botaniste avisé qui connaissait cette merveilleuse recette : un mélange d'herbes qui faisait des remèdes miraculeux.

 

Les sources d'Ufanes - Campanet


En hiver, lorsque beaucoup de pluie s'accumule dans le Puig Tomir et ses environs, l'eau commence à jaillir avec puissance et brusquement de la surface du bois de Gabellí Petit, à Campanet, créant l'atmosphère magique d'une forêt enchantée. Sa beauté énigmatique a donné naissance à de mystérieuses légendes : on dit que l'eau vient de la péninsule ibérique ; ou que, sûrement, c'est de l'eau qui vient des Pyrénées, parce qu'on a trouvé des feuilles d'arbres qui n'y sont que là. Tout cela est difficile à croire..., Mais vous savez que dans le monde des légendes tout est possible !

 

Le trésor du rocher Roig - Calvià - Es Capdellà


On raconte que sous le rocher du domaine Son Durí, dans la ville d'Es Capdellà, se trouve une grotte enchantée. On dit que nombreux sont ceux qui ont essayé d'y entrer et se sont approchés très près du trésor, mais qu'avant de l'atteindre, ils ont rencontré une bête féroce qui le gardait et, en tendant la main pour prendre quelque chose, le monstre a dit : "Tu ne prendras rien tant que tu ne m'apporteras pas un bébé !" Et personne n’a jamais essayé de lui en apporter un.